Elections municipales à Saint-Etienne

Du national au local, où est la gauche?

L’article que publie Médiapart ce matin (Samedi 18 janvier) me semble parfaitement illustré la situation politique dans laquelle on se trouve aujourd’hui et qui bloque tout espoir d’un monde meilleur.

Pour changer notre monde, il n’y a pas 36 voies; ou c’est la révolution ou l’on choisit la voie institutionnelle, par l’intermédiaire de notre bulletin de vote.

Pour la première option, nous sommes encore loin du compte, car faire la révolution c’est renverser le pouvoir par la force et donc faire face à la violence d’état et mettre sa vie en jeu. Je crois que notre souffrance n’est pas encore suffisamment importante pour que l’on juge nécessaire de mettre notre vie en jeu pour un monde meilleur.

Quant à la voie institutionnelle, cela devrait être d’une simplicité absolue. Dans la société capitaliste dans laquelle nous vivons, nous sommes 95% d’exploités qui marnons pour le profit d’une poignée d’exploiteurs.
Pour mon petit cerveau au raisonnement simpliste, la gauche politique est du côté des exploités, il n’y a qu’à voter à gauche pour s’en sortir.

Le problème est de savoir qui incarne cette gauche anti capitaliste.
On a failli y croire quand un certain François Hollande a prononcé cette belle phrase « mon ennemi, c’est la finance » on a vu ce que cela a donné…
Faut-il en conclure, comme nombre de nos concitoyens le font, qu’il faut exclure le Parti Socialiste du giron des partis de gauche.
Je ne sais pas, mais à priori le socialisme, ce n’est pas le capitalisme. Par contre, il est vrai que le vocable anti-capitalisme n’est pas des plus usité par toute la frange de la gauche dites modérée, dont le PS bien sûr.
De son coté, la France Insoumise, insiste beaucoup plus sur son coté citoyen que anticapitaliste.
Je crois que le pas qu’il faut franchir c’est pourtant bien celui de ne pas avoir peur de se déclarer anti-capitaliste.
Et si des socialistes et autres modérés de gauche n’osent pas le prononcer, c’est qu’ils sont sois eux-même effrayés par le vocable et/ou qu’ils savent qu’ils effraient un grand nombre de nos concitoyens pour qui sortir du capitalisme c’est mener le pays à la ruine.
Ce fantasme bien présent dans les têtes nous aveugle tellement qu’on ne s’aperçoit même pas que le capitalisme emmène tout droit la totalité de la planète à sa ruine!
Quand on voit le nombre important de pays, sur tout les continents, où le peuple se révolte contre l’injustice sociale, il y a fort à penser que le peuple est une marche au-dessus des politiques car il dénonce les ravages du capitalisme.
En France, les révoltes actuelles ont commencé par le mouvement des gilets jaunes, cela se poursuit par celui plus syndical, mais tout aussi populaire, des retraites.
En France comme ailleurs c’est bien le capitalisme qui est remis en question. Et si Macron reste si droit dans ses bottes, c’est que son seul adversaire politique crédible aujourd’hui ce sont les fachos du Rassemblement National, qui n’ont malgré tout aucune chance face à lui.
Une véritable alternative à gauche il n’y en a pas, tant celle-ci est fragmentée et incapable de rassembler ses forces!

Par contre au vu des mouvements de contestation successifs, massifs, de ces deux dernières années, qui durent dans le temps et qui sont soutenus par une large majorité de la population, le peuple de gauche existe bel et bien.
Il ne lui manque que les moyens d’arriver au pouvoir. J’en reviens à mon point de départ, nous avons le choix entre la manière forte, la révolution, ou plus douce, notre bulletin de vote.
Encore une fois, nous n’en sommes pas au stade de prendre les armes, alors….

Mais pour le moment, il n’y a pas un seul parti, une seule organisation digne de confiance.
Par ci, par là, on entend des groupes de citoyens qui veulent s’engager en politique, essentiellement au niveau des municipales.
Il y a, semble-t-il quelques expériences réussies, je citerai la commune de Saillans, mais elles ne sont pas pléthores.
Par contre,des citoyen.ne.s qui s’engagent dans la vie publique, au sein de collectifs ou d’associations, il y en a un nombre considérable. 20 millions de bénévoles selon une étude récente de France Bénévolat. A l’inverse, syndicats et partis politiques ne font pas recette.
Pas la peine donc de chercher bien plus loin pourquoi nos élus peuvent n’en faire qu’à leur tête. Il y a trop peu d’adhérents pour qu’ils soient représentatifs de la population, et celle ci, une fois mis son bulletin dans l’urne, elle ne peut qu’attendre la prochaine échéance électorale pour s’exprimer.

Comment faire pour que ces élus nous représentent réellement?
Les propositions que fait la FI dans son schéma de 6ème république sont sans doute des pistes intéressantes, de la même manière les gilets jaunes qui réclament une réelle écoute des aspirations du peuple notamment autour du RIC (référendum d’initiative citoyenne) est aussi un champ à explorer.
Mais pourquoi donc les uns ou les autres n’ont-ils pas su convaincre?
Le mouvement des gilets jaunes, par sa ténacité, a eu un soutien populaire certain, mais de par leur mode d’actions et leur inorganisation, n’a pas fédéré la population.
Le mouvement actuel des retraites, qui est lui aussi d’une grande ampleur, n’arrive pas à entraîner tout le monde du travail dans la grève générale, qui est la condition nécessaire pour que le pouvoir recule.
Toutefois même si cette condition se concrétise, que Macron retire son projet, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il vire complètement de bord et devienne anti-capitaliste. La solution c’est qu’il capitule et laisse la place.
Mais là retour au point de départ: où est la gauche?

Le triste constat que nous devons faire, c’est que la gauche, dans tous le pays est éparpillée, divisée, minée par de viles querelles.
Elle s’interdit ainsi tout espoir de gagner une échéance électorale et prive le peuple d’une politique de justice sociale et écologiste.
Cette incapacité à coopérer qu’on les différents partis et mouvement de gauche, préférant s’arc-bouter sur leurs différends, ne me semble pouvoir être levé que par les citoyen-ne-s pour qui, le seul enjeu est la mise en place d’un pouvoir de gauche, social, écologiste, anti capitaliste, démocratique….
Tout ceci pour dire qu’il y a nécessité absolue d’opérer à une véritable recomposition politique à gauche, qui fédérerait toutes les femmes et tous les hommes sincèrement de gauche et que nous autres citoyen-ne-s avons un rôle primordial à jouer.
Ce que tentent Clementine Autain (FI) et Elsa Faucillon (PCF) au travers de leur bigbang de gauche semble aller dans ce sens mais paraît avoir du mal à décoller.

A l’échelle locale, dans de nombreuses grandes villes de France, les différents partis de gauche ont tenté de s’allier, ceci, la plupart du temps avec des citoyen-ne-s non encarté-e-s, mais les alliances sont nombreuses à avoir capotées.
Dans le cadre des élections municipales à venir, à Saint-Etienne, il en est de même.
Dans un premier temps, Saint-Etienne Demain (SED) a rassemblé une partie de la gauche (PS, Parti des Radicaux de Gauche, Génération S et Europe Ecologie Les Verts).
Dans un deuxième temps, des rencontres rassemblant FI , Parti Communiste Français, SED et citoyen-ne-s se sont mises en place pour tenter de travailler ensemble. Même si nous sommes passés tout près d’un accord, pour de futiles raisons (c’est en tout cas mon point de vue personnel) ce rassemblement ne s’est concrétisé qu’en partie.
Effectivement, EELV a choisi de faire cavalier seul très rapidement, le PCF rejoint SED et la FI fait cavalier seul avec le Nouveau Parti Anticapitaliste, des gilets jaunes et Sainté Debout.
Autant dire que tout s’organise pour laisser le champ libre à la droite, représentée par le maire sortant qui se représente, et peut-être aussi prendre le risque qu’il n’y ai même pas une opposition de gauche au conseil municipal.

La gauche, au niveau national comme au niveau local, n’a pas encore su se rassembler. Elle n’a pas plus su entendre les gilets jaunes que le mouvement social autour des retraites.
Nous voilà dans l’impasse.
Les résultats des élections municipales seront peut-être un élément supplémentaire accréditant la nécessité absolue d’une véritable recomposition à gauche, citoyenne, sociale, écologique et anti-capitaliste. Mais faut il attendre?
La seule responsabilité de ce fiasco n’est pas à mettre que sur le dos des partis et mouvements politiques, même si elle est énorme.
Chacun d’entre nous à son mot à dire, sa responsabilité, pour appeler à ce rassemblement.
C’est dans cet esprit que j’ai lancé une pétition appelant à la constitution d’une liste unique à gauche pour les élections municipales à Saint-Etienne.
Une liste qui ne doit pas être la fusion des 3 ou 4 listes en perspective, mais qui rassemblerait toutes celles et ceux, sincèrement de gauche, qui se distribuent dans chacune de ces listes. Cela permettrait également de clarifier les prises de position de chacun qui ne sont pas complètement tranchées, laissant penser que chacun veut ménager la chèvre et le choux.
Il reste encore quelques semaines pour qu’un véritable dialogue s’engage.
Au soir du premier tour, s’il y a un second tour pour une des listes de gauche, il faudra s’accorder en 48H, donc sombrer dans la tambouille politico-politicienne que nous ne pouvons que rejeter.
Etre de gauche, c’est prioriser l’intérêt général.

Vous trouverez la pétition sur la page facebook ICI
N’hésitez pas à partager

Une réflexion sur « Elections municipales à Saint-Etienne »

  1. Si on arrive pas a nous unir pour une seule gauche , c’est que quelques parties ne sont pas de gauche ,mais ça n’est pas une raison qui empêche d’avoir une liste de gauche.

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